Collège Féminin



La plongée avec un "e"

Toutes ensemble : PARTAGER NOS EXPERIENCES

QUI SONT CES FEMMES QUI PLONGENT DANS LE NORD ?

Nous vous proposons une nouvelle fenêtre d'expression pour les femmes qui accepteront de PARTAGER leur expérience.

Elles seront autant de modèles inspirants pour celles qui doutent encore, ou qui ne se sentent pas toujours à la hauteur.

Sameh, du chemin depuis la peur de l'eau 
Je m'appelle Sameh B, j'ai 53 ans, j'ai le N1 et je valide le N2 bientôt. J'ai commencé la plongée il y a 5 ans......(juin 2025)

Pourquoi as tu commencé la plongée ?

Parce que j’avais peur de l’eau.
Oui, je sais, dit comme ça, ça ne fait pas très logique. Mais justement, c’est souvent ce qui nous fait peur qui mérite d’être apprivoisé. Petite, j’étais du genre à nager la brasse en évitant soigneusement de mettre la tête sous l’eau. Le genre de peur viscérale, irrationnelle... mais tenace. Et puis un jour, je me suis dit : “Et si j’essayais ?” (bon, j’avoue, j’ai été un peu poussée par des plongeurs enthousiastes ). Non pas pour devenir une sirène (j’avais pas le brushing pour), mais pour me libérer de cette peur. C’est comme ça que je me suis retrouvée engoncée dans une combinaison qui me transformait en pingouin plus qu'en sirène, mon rêve! Masque embué et la panique totale… mais aussi une envie folle de recommencer.

Pourquoi as tu pris un rôle dans ton club ?
Je n’avais pas prévu de "prendre un rôle". À la base, je voulais juste apprendre à ne plus paniquer à la moindre goutte dans le nez. Mais très vite, j’ai ressenti l'envie de rendre ce que j'avais reçu : un accueil chaleureux, des conseils bienveillants, des sourires qui rassurent. Ce club, c’est devenu un petit cocon, un endroit où j’ai appris à respirer - pour de vrai, pas juste par le détendeur. Alors, quand l’occasion s’est présentée de donner un coup de main, j’ai dit oui. Oui pour accompagner d’autres débutants, oui pour organiser, transmettre, faire vivre cette ambiance chaleureuse. Et aussi un peu parce que j’aime bien cocher les cases “engagée” sur les formulaires.

As tu rencontré des soutiens, des difficultés ?
Oh que oui ! Déjà, être une femme dans un environnement parfois très masculin, ça pique un peu au début. Il faut souvent négocier avec des combinaisons pas du tout taillées pour nos hanches (en tout cas, pas les miennes), des sorties bateau sans toilettes, et des vestiaires façon : “sur le pont, et débrouille-toi avec ta serviette”. Mais j’ai aussi rencontré de vrais soutiens. Des gens patients, drôles, passionnés, qui ne vous jugent pas parce que vous paniquez sous 2 mètres d’eau ou que vous mettez 20 minutes à enfiler votre matos. J’ai failli abandonner deux fois à mes tout débuts...Et si je suis encore là aujourd’hui, c’est grâce à une personne en particulier. Il se reconnaîtra en lisant ces lignes. Et ces soutiens-là... Ils changent tout. Ils vous donnent confiance. Ils vous apprennent à vous faire confiance. Et petit à petit, la peur s'éloigne. Et vous flottez. Littéralement.

C'est quoi la suite pour toi ?
Continuer à plonger, évidemment et essayer d’aller le plus loin possible ! Mais aussi encourager d’autres femmes à oser se lancer. Leur dire que si j’en suis capable, elles le sont aussi. Il suffit juste de passer ce cap de la peur. Transmettre cette sensation incroyable qu’on ressent une fois sous l’eau : ce mélange de paix, de liberté et de pleine présence. J’aimerais aussi développer plus de moments de partage dans le club : des formations, des sorties pour tous les niveaux, des temps pour simplement respirer ensemble, sans pression. Et pourquoi pas créer des évènements nouveaux mais qui deviendrait régulier, comme réserver une carrière toute une journée entre femmes, c'est déjà le cas en Belgique par exemple.

Quels messages souhaites tu faire passer aux femmes ?
Vous avez le droit d'avoir peur, de ne pas tout maîtriser, de demander de l’aide, de prendre votre temps. La plongée n’est pas réservée à celles (ou ceux) qui se sentent “fortes” d’emblée. C’est justement en plongeant qu’on découvre notre force. Et surtout : vous n'êtes pas seules. On est nombreuses à avoir vécu ce moment gênant de se changer sur un bateau, à avoir pleuré sous notre masque, à avoir douté, voire baissé les bras. Et entre nous, la plongée est un monde à part. J’ai vite remarqué la gentillesse qui règne entre plongeurs: quand ils sortent de l’eau, on dirait une secte ils ont tous un sourire béat. Et hop, une fois dans l’eau... il n’y a plus de genre, plus de regard, plus de jugement. Juste vous, votre souffle, et un monde merveilleux à explorer...

Indique 3 kifs de la plongée.
Le silence, plus apaisant que 3 séances de yoga et une tisane à la camomille. Les rencontres improbables : poissons, vegétaux, un monde coloré, varié et plein de vie qu’on ne soupçonnait même pas... Le moment où je remonte à la surface, le cœur léger, la tête vidée, et le sentiment d’avoir vécu un moment unique. Du coup j'affiche aussi le sourire béat! Même si tu as peur. Surtout si tu as peur. On t’attend avec ton nez qui pique et ton poncho. Bienvenue dans le monde du silence... et du partage.

Léa, une jeune toute prometteuse
Je m'appelle Léa, j'ai 21 ans et je suis étudiante en 4ème année, en école d'ingénieure généraliste à Lille. (février 2025).

Pourquoi as tu commencé à plonger ?
J'ai commencé la plongée il y a 5 ans et demi maintenant, au sein du SAGW via la "classe plongée" que proposait mon lycée. Le but est de former une classe de 1ère au niveau 1, afin de partir une semaine pour plonger sur la presqu'île de Giens à la fin de l'année. Malheureusement, mon année de 1ère s'est avérée être l'année du COVID, donc je n'ai pas pu partir mais je ne regrette aucunement car j'ai développé une véritable passion pour la plongée sous marine et un véritable intérêt pour la préservation de l'environnement.

Pourquoi s'être engagée dans la formation ?
J'aurais pû arrêter mon parcours au niveau 1 après mon année de 1ère, mais je me suis réinscrite pour une année de plus au club, et maintenant ça fait 5 ans de pratique, mon niveau 2 obtenu en 2022, et mon E1 obtenu fin 2024 ! j'ai même intégré le comité directeur de mon club pour un mandat de 3 ans.

As tu rencontré des difficultés, ou au contraire des soutiens ?
Je dois avouer que je suis très bien entourée au sein de mon club. Les moniteurs et formateurs sont toujours à l'écoute et prêts à aider. Malheureusement maintenant, mes études ne me permettent pas d'être présente comme je le souhaiterais au club.

C'est quoi la suite pour toi ?
La suite...Pour l'instant je pars sur une pause d'un an car je pars en séjour d'études à l'étranger l'année prochaine. Mais à l'avenir, je compte bien remplir à fond mes fonctions de monitrice, et enseigner ma passion aux autres. J'aimerai aussi, plus tard, obtenir mon MF1 et surtout respecter la devise "plongée plaisir".

Quels messages souhaites tu faire passer à toutes les plongeuses ?
Il est vrai que la plongée sous-marine est un monde relativement composé d'hommes, mais qui compte de plus en plus de femmes ! notamment dans mon club nous sommes plus de 30% et j'en suis très fière ! A toutes les plongeuses: osez, explorez et inspirez ! croyez en vous, soutenez vous et plongez avec passion car nous sommes les sirènes de ce monde sous-marin. Girl power ! .

Dis nous quels sont tes 3 kifs de la plongée ?
Le partage: pour moi la plongée sous-marine est avant tout une aventure humaine et de partage. La sérénité, le calme. La faune et la flore marine.